"Projet Jazon" - Seul ou accompagné - Performance de David Noir et les Définitives Créatures

PROJET JAZON / Seul ou accompagné

Conception, interprétation : David Noir

Le bonheur : Un thé Graal

Recueillies dans ma coupe obole, les poils humides de ta chatte dégoûtent en perles oblongues sur mon front aplani, comme un dégât des eaux qui suinte de mon plafond. C’est un moment magique et sans assurance où je me sens soudain responsable et civil. J’aime ainsi ma vie formidable. Je mords dans ton anus à belles dents. Je grignote et aspire l’aubaine que m’offre ton orifice contracté. J’y puise un moment de ma vie ; une trace de plus dans ma mémoire, côté de la porte enchantée. Après toutes ces années – quand je te reverrai – sans « bonjour » – sans « ça va » – j’irais d’abord directement dans ta culotte. Et puis, foin des civilités et des jolies constructions sociales du terroir ; j’ai toujours haï les colombages ; gros colon cheminant jusqu’au cul de mon père le normand. Alors, ça ballade bien les gens heureux ? Ah si on s’était parlé à l’abri de son vieux pardessus râpé … La pire des aliénations est d’avoir des parents qui vous aiment. Leur amour est un poison sirupeux qui vous colle les ailes et vous pousse à leur obéir. Une salive gluante et amoureuse, bien appliquée sur les deux joues. Peut-on se sauver de l’amour qui empêche de vivre ? Je comprends qu’on se saoule de chimères. Mais qu’on le fasse seul, entre soi, dans son coin. Et qu’on ne fasse pas chier les autres avec ses rêves pourris. Eh Walt, si t’arrêtais un peu de distribuer tes conneries ? T’es plus dans l’ coup papa. Eh alors, parce que je te dis des mots, tu crois que je te dis la vérité. Le sentiment du travail – L’indicateur « labeur » – Le centrage sur sa liberté ; tu penses toujours que c’est un gage de qualité ? Qu’est-ce que je peux faire ? – Gaston Defferre – Qu’est-ce que je ne veux pas faire ? Tout est bon dans le colon. Tout est bien qui finit … Ouf! … un jour prochain.

PROJET JAZON