Dogme - Autoportrait - David Noir -

Dogme – Autoportrait – David Noir –

Une œuvre, l’idée même d’une œuvre me paraît une vieille chose antique. Idem pour la controverse, l’admiration, tout ce qui fait, non les arts, mais le commentaire de la culture. Cela me semble des concepts de salon du 19ème siècle.

J’écoute quelques minutes la voix de Duras et je coupe la radio. Même elle, dont j’aime le talent, la pensée, je n’ai pas envie de sa façon de faire à cet instant, de communiquer du sens à travers le fil sensible et impeccable de sa voix. Trop du style France Culture peut aussi tuer l’envie de culture … et pourtant, il n’y aurait rien d’autre à entendre. Mais parfois c’est pénible … forcément pénible, les icônes référentielles, quelques fois malgré elles. Tous les dogmes puent ; pas toutes les personnes.

Il y a un cirque dans la plupart des postures humaines qui m’insupporte aujourd’hui. Tellement loin d’une quelconque réalité de la nature, incontournable et terrible. Pourtant, ça ne tend qu’à dire ça ; les arts et les artistes et ceux/celles qui les apprécient. Tout ce qui est dit me semble plus vain que tout ce qui devrait ne pas se dire. Il faut que d’avantage de distance s’installe avec les contemporains pour que s’oublie un peu leur humanité derrière ce qu’ils/elles font ou ont fait. C’est ce qui m’est agréable chez les auteurs d’avant la communication et les témoignages enregistrés. Ils existent d’autant plus qu’on ne peut jamais vraiment se figurer qui ils/elles étaient. C’est souvent mieux. Pas toujours, pas systématiquement, mais souvent, ça évite le maniérisme d’une esthétique qui vient se surajouter à une production d’autant plus belle et mystérieuse qu’elle n’a plus de géniteur.