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Tag Archives: BD érotique

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Les Justes-Story de David Noir - Affiche Filifox - Philippe Savoir - Photo Karine Lhémon
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par Fabienne Arvers

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« Après Les Puritains, spectacle réjouissant et fulminant, David Noir enfonce le clou avec Les Justes »

Les Justes – Arts/Scènes – lesinrocks.com

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Théâtre

Les Justes

David Noir

Après Les Puritains, spectacle réjouissant et fulminant, David Noir et son équipe de la Cie La vie est courte, enfoncent le clou avec Les Justes, « nouvelle comédie 100% haineuse ». Avant de le voir et de donner notre avis, voici, telle quelle, la présentation de son travail par le metteur en scène (telle quelle parce que le sujet, la matière dramaturgique des Justes présentent, sur le papier, des analogies avec l’insupportable Nexxt d’Arpad Schilling qui sera présenté au festival d’Avignon dans le cadre de la Saison Magyare, analogies qui s’effacent d’elles-mêmes si l’on s’en tient à l’étayage intellectuel et sensible qui pousse David Noir à s’attaquer au sujet) :

 

« L’inspiration de ce spectacle est très actuelle, et prend sa source dans l’univers adolescent du feuilleton télé fantaisiste, de la BD érotique, et du jeu vidéo, Les personnages sont stylisés physiquement en un certain nombre de figures d’inspirations BD, mangas ou autres, et composant un ensemble très coloré et naïf. Une fille terroriste au look ambivalent (mitraillette, couettes, treillis, et ours en peluche), un pirate playmobil à l’oeil bandé, crachant poumons et alcool, une vieille mondaine à aigrette, travestie en panthère lascive pour « nudies » érotique des années 60, un enfant sage traquant les pédophiles, un serial killer vedette de show TV, et bien d’autres amis de notre univers actuel et culturel. Dès le commencement, le propos prend donc racine dans cette nouvelle esthétique enfantine, pleine de violence, et d’errance, d’où émane, à mon sens, une forme de poésie romantique très actuelle, comme une autre acceptation de l’ancien style gothique, faite de mots crus, de situations scabreuses où le fantastique banalisé symbolise un quotidien hostile et inquiétant. Les « jours heureux » sont derrières nous, loin, rangés dans les souvenirs réjouis du baby boom de nos parents, au fond des tiroirs des tables en formica. La mise en avant-scène de l’argent pour l’argent, la prostitution intellectuelle et artistique, ouvertement mises au goût du jour via la télévision et sa publicité sont devenues des valeurs sûres. Le théâtre, quant à lui, semble s’être drapé dans des voiles pudibonds ou faussement provocateurs, derrière son cortège hors du temps de conventions institutionnelles, loin de notre société mercantile, cultivant le « bel art » le plus académique, Entre compromission ludico-cynique, et débats culturels, la forme des Justes s’inscrit volontairement dans le cadre d’une émission radiotélévisée, Là se déroule un jeu, où chacun devra sauver sa peau et échapper à une mort humiliante souhaitée par le public. Le combat est médiatique, et s’incarne dans l’arène de la salle. L’oppression d’un pouvoir désormais amical et compréhensif, la pression de l’opinion veule d’une masse sans cervelle s’exerce ici sur chaque protagoniste, sous les yeux de spectateurs complices, transformant peu à peu les personnages en de gentilles personnalités consensuelles, lisses et propres, prêtes à subir sans broncher les sodomies les plus véhémentes, les avilissements les plus joyeux. C’est le jeu des pouvoirs et de la hiérarchie; de l’image, et de nos personnalités.
La nature scénique du projet ne se veut en aucun cas linéaire, mais faisant appel aux capacités psychiques du spectateur. Associations d’idées – montage – jeux de mots; la seule volonté créatrice dirigiste présidant à mon travail étant l’efficacité et le respect de mon optique. L’équipe des Puritains, précédent spectacle de la Cie la Vie est Courte, donnera vie à cette représentation que je souhaite interactive avec un public concerné, qui nous a déjà suivis, et a appris à nous connaître au travers de la première étape de ce travail, déjà nommée: Les Puritains. Les Justes (autant d’esprit que d’inspiration mystique), en forment donc d’ores et déjà la suite logique. Adresse directe au public, bande son fournie, et musique live restent nos outils pour soutenir les incarnations de chaque membre de notre groupe. Le théâtre a une longue route à faire pour retrouver une expression libre et dynamique de son art, aujourd’hui loin derrière les trouvailles des arts plastiques, l’avancée des musiques actuelles, et l’invention des nouveaux supports technologiques. Moi, et les Puritains prétendons en tracer un chemin possible, à nouveau, au travers des Justes. »

Fabienne Arvers
08 juin 2001

Le Monde.fr

Le Monde.fr - Les Justes-Story de David Noir - Le sexe mis en scène
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par Cristina Marino

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« Le sexe mis en scène »

Le Monde interactif – Théâtre: le sexe mis en scène

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Théâtre : le sexe mis en scène

LE MONDE.FR / 07.06.01 / 116h05
Extrait (Cliquez sur la vignette de l'article pour voir l'original)

Deux pièces à l’affiche à Paris en juin posent la question de la représentation du sexe, souvent sous sa forme la plus brute, sur une scène de théâtre. Il s’agit de l’adaptation française d’un texte du Britannique Mark Ravenhill, Shopping and Fucking, mise en scène par Thierry Harcourt à la Pépinière-Opéra et de la création du Français David Noir au Petit Espace Pierre Cardin, Les Justes Story, avec la compagnie La vie est courte.

 

Information de dernière minute: dans un mail envoyé aux rédactions de différents journaux, David Noir a informé la presse de la décision prise par Pierre Cardin de retirer de la programmation du Petit Espace, mardi 12 juin 2001, une semaine après la première, la nouvelle création de la troupe des Puritains, Les Justes Story.

 

« Interdit aux moins de 16 ans », « strictement interdit aux moins de 18 ans », voilà des mentions que l’on s’était habitué à voir sur les affiches de certains films pouvant « heurter la sensibilité d’un jeune public ». Elles font désormais leur apparition – assez discrète pour le moment – sur les affiches de quelques pièces de théâtre. Des pièces qui ne se cachent pas dans l’arrière-salle d’un petit théâtre de quartier mais qui s’inscrivent en toutes lettres sur les façades de deux théâtres privés parisiens: la Pépinière-Opéra et le Petit Espace Pierre Cardin. Des pièces qui n’hésitent pas à montrer les corps dans leurs moindres replis, voire à jouer l’acte sexuel sur scène. Alors, le sexe sur les planches, une nouvelle approche théâtrale ?

Du côté des auteurs et metteurs en scène de ces pièces, le ton est clairement à la revendication haute et forte d’une volonté de choquer et de transgresser les conventions du théâtre traditionnel.
(…) L’auteur et metteur en scène David Noir affiche d’emblée ses intentions: « L’inspiration de ce spectacle est très actuelle et prend sa source dans l’univers adolescent du feuilleton télé fantaisiste, de la BD érotique et du jeu vidéo.(…) Entre compromission ludico-cynique et débats culturels, la forme des  »Justes » s’inscrit volontairement/ complaisamment dans la médiocrité consensuelle de notre société sur fond d’émission radio-télévisée. » Dans la continuité d’esprit de sa précédente création, Les Puritains, à l’affiche du Lavoir Moderne Parisien en juillet et septembre 2000, il affirme vouloir aider le théâtre à « retrouver une expression libre, et dynamique de son art, aujourd’hui loin derrière les trouvailles des arts plastiques, l’avancée des musiques actuelles, et l’invention de nouveaux supports technologiques. »

Côté public, ces pièces suscitent des réactions souvent violentes et très tranchées.
En deux mots: soit on adore, soit on déteste. La demi mesure n’est pas de mise face à de tels spectacles. Les uns encensent le goût de la provocation à tout prix, l’exhibitionnisme clairement affiché – « un désir insatisfait chez beaucoup de spectateurs », selon David Noir -, l’indécence païenne et jouissive de ces textes. Les autres n’y voient que source de dégoût et d’écœurement, tout en dénonçant la dimension ouvertement pornographique.

Alors, volonté gratuite et stérile de choquer ou électrochoc salutaire contre la routine de la création théâtrale actuelle? Peut-être les deux. Il est sans doute encore trop tôt pour parler d’une véritable tendance artistique et de l’émergence d’un nouveau théâtre contemporain placé sous le signe du sexe. Dans le contexte du moment marqué par la volonté de ne rien cacher de l’intimité du corps, même sous sa forme la plus crue, on assiste peut-être tout simplement à un éphémère effet de mode.

Cristina Marino

Les Justes Story. Texte, bande son, diapos et conception: David Noir. Musiques originales: Jérôme Coulomb. Chant: Any Tournayre. Avec Sonia Codhant, Jérôme Coulomb, Stéphane Desvignes, Jean-Hugues Laleu, Jacques Meystre, David Noir, Jean-François Rey, Miguel-Ange Sarmiento, Philippe Savoir. Une production de la compagnie La vie est courte. Le Petit Espace Pierre Cardin. 3, avenue Gabriel, 75008 Paris. Métro: Concorde. Tél. : 01-44-56-00-13. Du 5 au 29 juin 2001. Du mardi au samedi à 20h30.

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